Peine trop légère dans la justice québécoise?

 

La nouvelle qui m’a amené à me poser cette question est passée sur TVA. Un homme de 54 ans reconnaît sa culpabilité à des chefs d’attentat à la pudeur et de voies de fait causant lésions sur la fille de sa conjointe. Il y a eu une centaine de gestes posés, ils ont été posés pendant 8 ans et ça a commencé lorsqu’elle avait 9 ans. On dit aussi que les gestes n’ont jamais été jusqu’à relation complète. La particularité de ce procès est que l’homme est atteint d’un cancer. Si on oublie ce détail, l’homme aurait eu une petite peine de 6 ans de prison, mais à cause de son état de santé, il aura une peine de 2 ans moins un jour à purger en société. Mathématiquement parlant, il est assez facile de voir que l’homme endurera seulement 2 petites années détenu en collectivité après avoir gâché la vie d’une petite fille durant 8 ans sans compter tout le traumatisme causé par ces agressions qui la hantera certainement toute sa vie. Donc, dans un sens, c’est comme si on lui dirait : « pauvre de toi, retourne chez toi soigner ton cancer et on oublie tous tes gestes ». Il ne faut pas oublier que sa maladie lui fera passer de nombreuses heures à l’hôpital, donc c’est comme s’il resterait impuni et qu’il aurait à subir le même traitement qu’une autre personne atteinte du cancer. Au moins, si c’est seulement sa maladie le problème, laissez-le se soigner et ensuite donnez lui sa peine de prison. Heureusement, ils peuvent toujours aller en appelle contre cette décision et peut-être lui faire faire au moins un peu de prison même si je sais qu’on ne lui en donnera jamais assez.

Il y a, je crois, un manque de sévérité chez la justice québécoise et en particulier pour les crimes impliquant des vies humaines. On devrait toujours faire des peines exemplaires pour donner l’exemple et peut-être dissuader des criminels de commettre des gestes ou au moins encourager les victimes à dénoncer. Les sentences purgées dans la société sont, pour ma part, des crimes demeurés impunis et tout ce qu’on fait c’est de mettre un cas de côté pour qu’on l’oublie. Ce n’est peut-être pas la meilleure idée de comparer, mais juste pour mettre en évidence la souplesse de la justice québécoise, aux États-Unis, un criminel à une chance sur trois d’aller en prison tandis qu’au Canada, c’est une chance sur dix. Le Québec est l’endroit où c’est le moins fréquent.

Pour donner d’autres exemples de peine qui me semble trop légère, on peut prendre le cas du « bourreau » de Sainte-Croix. Michel Bédard est accusé d’agressions sexuelles et de voies de fait sur sept enfants. Il est condamné à 15 ans de prison (s’il ne va pas en appel de la décision) et tous disent que c’est une peine exemplaire, même ses victimes. Pour ma part, je crois que cet homme de 60 ans a gâché assez de vies humaines pour passer le restant de sa vie en prison, pas seulement 15 ans. Ce qui est un peu paradoxale dans cette affaire est que son frère qui a participé à une agression une seule fois (ce qui ne rend pas son geste moins pire par contre) est condamné à 12 ans de prison. Je suis très en accord avec le 12 ans, mais si lui mérite 12 ans, pourquoi celui à côté qui a fait plusieurs agressions sur plusieurs enfants mérite seulement 3 ans de plus? Mon autre exemple est celui de deux jeunes, Wang Piao Dumani Ross et Alexander Ryazanov, impliqués dans un accident qui a causé la mort d’un chauffeur de taxi après avoir conduit à 140 km/h dans un endroit où la limite est de 50 km/h. Ils ont admis leur culpabilité à des accusations réduites de conduite dangereuse et ont été condamnés à des peines de deux ans moins un jour à purger dans la société. Ils ont aussi 150 heures de travaux communautaires à faire et une interdiction de conduire pendant quatre ans. Je comprends mal le message qu’on envoie aux autres jeunes qui font la même chose. Si vous tuez quelqu’un lors d’une conduite folle, vous n’irez pas en prison? Je trouve que ça n’a pas de sens qu’après avoir enlevé la vie à un être humain, on ne soit pas plus puni que ça.

Pour conclure, même si je crois parler un peu dans le vide, mon opinion sur ces peines trop courtes restera toujours la même et j’espère qu’on trouvera un moyen d’augmenter la longueur des sentences ou au moins changer les punitions pour des vraies punitions comme des travaux forcés par exemple.

Une réponse vers «Peine trop légère dans la justice québécoise?»

  1. Béatrix Méthé dit :

    Bonjour, j’ai 12 ans puis que travail en classe sur la justice. J’admire vraiment votre texte. Je suis sur le même avis que vous. Sérieusement, tout sa me touche puis me fait encore plus réfléchire!

    Bravo !

    Béatrix Méthé

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